Comment optimiser ses impôts

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Investir pour diminuer mes impôts

Vous avez déjà entendu (ou prononcé) cette phrase ? C’est normal, la défiscalisation est une obsession bien française.

Pourtant, il ne s’agit pas d’investir pour défiscaliser. Il s’agit d’investir, tout en optimisant sa fiscalité.
La différence est de taille. Investir pour défiscaliser a poussé beaucoup de Français à investir dans des biens ou actifs non rentables.

Prenons par exemple les investisseurs en Pinel (immobilier défiscalisant) qui ont été heureux de défiscaliser 20 000€. En contrepartie, ils ont dû louer à un loyer plafonné et vendre avec 50 000 € de moins-value car l’appartement était excessivement cher payé. Le seul gagnant des Pinel, c’est souvent le conseiller qui a vendu le bien.

Il faut raisonner dans le sens inverse: réaliser un bon investissement, puis l’optimiser fiscalement. Cela paraît simple, mais par où commencer ?

Investir en immobilier en optimisant la fiscalité

Lorsque l’on investit en immobilier locatif, on est imposé aux revenus fonciers par défaut. Les revenus locatifs sont imposés à la tranche marginale d’imposition (TMI de 0 % à 45 %), plus 17,20 % de prélèvements sociaux (après abattement forfaitaire de 30 % ou frais réels, au choix). On peut donc monter à plus de 50% d’impôts sur ces revenus locatifs…

C’est violent, surtout à partir de la TMI 30 %. Il est donc indispensable d’optimiser la fiscalité de ces investissements.

Plutôt que de louer nu son appartement (et toucher des revenus fonciers), on peut le meubler et le louer sous le statut LMNP. Cela permet d’être imposé dans la catégorie des BIC. Dans ce cas, les revenus locatifs sont imposés après un abattement forfaitaire de 50 % (au lieu de 30 %). Encore mieux, en optant pour les frais réels il est possible d’amortir comptablement le prix du bien et d’arriver à un revenu fiscal de 0 €, même si l’on a un cashflow positif, soit 0 € d’impôt sur les revenus locatifs.

L’avis de Finary

Ainsi, pour un même appartement, le rendement brut peut être identique, mais le rendement net peut être du simple au double selon le régime fiscal choisi !

Intéressons nous maintenant à la pierre-papier, les fameuses SCPI. On peut également les optimiser fiscalement ! Plusieurs montages existent, il faut choisir le plus adapté à sa situation. Par défaut, l’imposition aux revenus fonciers est appliquée. C’est le régime défavorable que nous venons de décrire.

L’avis de Finary

Investir dans une assurance-vie

À partir de la TMI de 30 %, plutôt que de subir la fiscalité des revenus fonciers, il peut être plus avantageux d’investir dans une assurance-vie : Pas d’impôt tant qu’on ne retire pas d’argent de l’assurance-vie. Si on en sort après 8 ans, on a la possibilité d’être exonéré d’impôt sur le revenu sur les plus-values (seuil d’abattement annuel jusqu’à 9200 € pour un couple).

Investir en SCPI

On peut investir en SCPI en nue-propriété : achat décoté, pas de revenus temporairement, donc pas d’impôts. Plus la période de la nue-propriété est longue, plus la décote est forte. Si vous n’avez pas besoin de revenus passifs immédiats, c’est l’idéal.

Autrement, vous pouvez aussi investir dans des SCPI avec de l’immobilier à l’étranger. Les loyers seront moins taxés (ex: Allemagne).

Investir en bourse en optimisant la fiscalité

L’enveloppe par défaut pour investir en Bourse, c’est le compte-titres ordinaire (CTO). Les courtiers comme Trade Republic ou DeGiro le proposent. Dans ce cas, c’est la flat tax de 30 % qui s’applique chaque année sur les plus-values réalisées et les dividendes. Vous ne payez pas d’impôts sur les plus-values latentes.

Pour optimiser fiscalement, il faut privilégier les enveloppes capitalisantes : Même si l’on fait des achats/vente avec plus-value ou bien que l’on perçoit des revenus, on n’est pas imposé tant que ces montants restent dans l’enveloppe.

En pratique : le PEA et l’assurance-vie sont des enveloppes capitalisantes, les 2 plus belles niches fiscales françaises pour les épargnants. Sachant que l’on peut très bien investir dans les entreprises internationales sur assurance-vie et PEA: ETF (S&P 500, World, Nasdaq…) ou actions. L’assurance-vie permet même de loger des actions US si vous voulez vous amuser à faire du stock picking.

L’avis de Finary

En optimisant les retraits après 8 ans sur l’assurance-vie et 5 ans sur PEA, on sort sans impôt sur le revenu. La fiscalité appliquée est donc seulement de 17,20 %, soit 42% de moins que la flat tax !

Préparer sa retraite en optimisant la fiscalité

L’investissement en bourse et en immobilier à long terme permet déjà de préparer sa retraite en optimisant fiscalement. Pour aller plus loin, intéressons-nous à une enveloppe dédiée à la retraite : le PER.

Petit nouveau promulgué par la loi PACTE de 2019, le PER vise à aider les Français à compléter leurs retraites.

Le PER assurantiel fonctionne comme une assurance-vie. On choisit d’investir en gestion libre ou pilotée, en fonds euro (capital garanti mais faible rendement) ou en unités de compte. Le panel d’actifs proposé est très large (fonds actions, immobiliers…).

Bon à savoir: Les frais facturés par les fonds autres que les ETF peuvent être très élevés, et ruineront votre performance. Les utilisateurs Finary économisent en moyenne plus de 150K€ de frais sur 30 ans grâce à notre analyse exclusive.

Fiscalement, c’est une enveloppe hermétique comme l’assurance-vie: les plus-values réalisées ne génèrent pas d’imposition tant qu’on ne sort pas de l’enveloppe. L’avantage qui le distingue de l’assurance-vie : les versements sont déductibles des revenus imposables.

Exemple: Si l’on verse 5 000 € sur son PER avec un TMI à 30%, on obtient 5 000 € de revenus imposables en moins. Autrement dit, on économise 1 500 € d’impôt sur le revenu. Il existe de nombreuses règles qui encadrent ces avantages, notamment sur les plafonds annuels de versement.

Le défaut du PER, c’est son absence de souplesse : on ne peut uniquement en sortir à la retraite ou dans quelques cas définis (achat de la résidence principale ou accident de la vie).

L’avis de Finary

L’investisseur éclairé commencera par remplir son PEA (150 000 €) de versements, puis à ouvrir une Assurance-Vie. Une fois qu’il se sentira à l’aise sur ces supports, il pourra envisager le PER.

Conclusion sur l’optimisation fiscale & l’investissement

C’est en optimisant à la fois ses investissements ET la fiscalité que l’on obtient la meilleure performance nette. La performance nette, c’est celle que vous obtenez une fois les impôts payés : performance brute – impôts = performance nette.

Pour parfaire le tout, on peut aussi améliorer sa qualité de vie en optimisant fiscalement. Ainsi, employer un salarié à domicile (garde d’enfant y compris) accorde un crédit d’impôt de 50 %.

Si vous voulez aller plus loin, regardez la Finary Talk avec Nicolas Decaudain.

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